Au programme :



















Inde du Nord
Musique hindustani et danse kathak
Kaushiki Chakrabarty – l'art du khyal et du thumri
Ustad Amjad Ali Khan – le maître du sarod
Gundecha brothers – chant dhrupad
Divana - les maîtres manghaniyars et langas du Rajasthan >> + d'infos sur le site de Zaman
Ajay Rathore et Aditi Jain - danse Kathak de Jaipur


Inde du Sud
Musique carnatique et danse mohiniattam
Sudha Ragunathan – chant carnatique
Shashank – flûte bansuri + d'infos sur le site de Zaman
Nagaswaram et tavil – musique des temples par le hautbois et le tambour
Neena Prasad – danse mohiniattam du Kerala
19/07/07 Page 2 sur 10


Quelques mots sur le raga
« En Inde, le mot Sangitâ ("musique") signifie rassembler le tout et le dire. Ce tout symbolise l’union du corps, de l’âme et de l’intellect. »
Le raga, autrefois imprégné du rythme de la nature, se colore en fonction de l’heure du jour ou de la nuit, il est passionné, sombre, euphorique ou contemplatif. C'est la plus haute expression des émotions et des sentiments.
D'origine divine, selon la volonté de Shiva, la musique se façonnera entre les mains des hommes à travers techniques et instruments. Empreint du monde et de l’univers cosmique qui nous inspirent, sensible aux frémissements de notre planète, le raga était autrefois considéré comme l’expression
même des forces de l’univers et devait être utilisé à bon escient, étant le garant de l’équilibre du monde.
La musique indienne puise sa force originelle dans l’écoute de la nature mais aussi dans les Veda-s, textes sacrés de la tradition. Écrits en langue sanscrite et révélés par les Dieux pour éduquer les humains, ils ont été transmis oralement et forment un ensemble de poésies, invocations et mythes sous la forme de chants sacrificiels adressés aux divinités. Une forme unique s’est développée jusqu’au XIIe siècle. À partir de cette époque, il y aura une séparation entre la musique du Nord et celle du Sud.
La première a été influencée par l'Islam, voyageant du Nord par le Pakistan et la Perse. Ces musulmans venus d’Asie Mineure, ont donné les styles arabo-persans. Ainsi est née la musique hindustani, qui doit tant à la civilisation moghole.
En revanche, la musique carnatique (le terme karnatique voulant dire « ancien » en tamoul) est beaucoup plus liée à la danse (bharata natyam, kuchipudi…) et au sacré (théâtre kathakali en particulier).
Si les deux mondes musicaux se sont développés séparément, ils retrouvent leur unité dans la forme du raga (terme qui signifie « passion », « couleur » ou « attachement » en sanscrit). « Un raga est un arrangement particulier de sons dans lequel les notes et les mouvements mélodiques apparaissent comme des ornements enchantant l'esprit. »
Le raga est décrit comme un thème imposé, avec une couleur précise, un climat donné, un thème qui revient sans cesse avec des ornements et des rythmes différents et nous transporte vers un monde émotionnel voire thérapeutique beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît.
Couleurs tonales, montées, descentes, mélodies libres pour l'improvisation, sont une invitation à se recentrer à l'échelle du temps, d’un temps maîtrisé et savouré, l’espace d’une journée.