ALAIN WEBER / Portrait
Par Jean-Hervé le dimanche 1 juin 2008, 18:22 - ALAIN WEBER - Lien permanent

Impossible de résumer sa biographie. Depuis plus de trente ans, il court le monde à la découverte des musiques et des peuples d'ailleurs. Alain Weber préside aujourd'hui aux destinées des musiques et spectacles « d'ailleurs » à la Cité de la Musique et au Théâtre Claude Levi-Strauss. Portrait.
C'est lui a fondé le groupe des Musiciens du Nil, avec qui il a vécu et joué, et qui lui restent fidèles. Il devient ensuite producteur à Radio France et même responsable d'une émission quotidienne sur les musiques du monde, tout en exerçant sa plume dans divers magazines et en se lançant dans la production discographique. C'est lui aussi qui guide dans les méandres de la musique tzigane Tony Gatlif, Gatlif qui lui confie la direction musicale de Latcho Drom avant de s'inspirer de sa vie pour Gadjo Dilo. Depuis une vingtaine d'années, Alain Weber met en œuvre des grands spectacles musicaux, présentant les musiques d'ailleurs suivant des thématiques, ce qui reste encore aujourd'hui sa « marque de fabrique ». Les « Nuits du Maghreb » à Garnier, les « Fleuves du monde » à Avignon, les « Etoiles du Nil » aux Tuileries, c'est lui. En début de saison, « Poètes, saltimbanques et musiciens tsiganes de l'Inde », présentait à la Cité de la Musique ceux qu'il connaît mieux que personne et qui exercent presque une fascination sur lui : les tsiganes. « Il suffit qu'il entende des musiciens dans la rue, et le voilà qui lâche tout, pour aller danser avec eux », confie une de ses collaboratrices.
Conseiller artistique au Théâtre de la Ville, responsable de programmation à l'Expo 2000 de Hanovre ou encore à l'Expo universelle de Lisbonne, Alain Weber préside aujourd'hui aux destinées des musiques et spectacles « d'ailleurs » à la Cité de la Musique et au Théâtre Claude Levi-Strauss, situé au cœur du musée du Quai Branly. Il est également le directeur artistique de Zaman Productions (www) et du festival Les Orientales (www), à Saint Florent le Vieil, petite oasis nichée au creux de la Loire. Très jolie ambiance, au milieu d'à peu près nulle part : une grande tente, aménagée en café oriental, où se succèdent les groupes, sous les applaudissements d'une foule régionale, sortie d'on ne sait où, mais assurément fidèle.
Alain Weber connaît pas mal de choses et énormément de monde, mais il cherche toujours, des contacts, des nouveautés, des concepts. Ce qu'il aime par-dessus tout, même s'il ne le définit pas explicitement, c'est « mettre dans l'ambiance », les artistes mais surtout les spectateurs auxquels il tente, à chaque fois, d'apporter un « petit bout de là-bas », esprit festif compris. D'où ses exigences face à l'éclairage des spectacles qu'il concocte, le soin qu'il apporte à la progression des enchaînements dans un concert ou une représentation, ses scrupules enfin, lorsqu'il est question de rituel et de sacré qu'il n'hésite pourtant pas à importer sur les scènes occidentales. Il est vrai que le spirituel gagne le terrain des attentions et de la réflexion, en Europe, et que l'apport des cultures extérieures qui y sont liées ne peut qu'être bénéfique, mais pas dans n'importe quelles conditions. On a trop vu de gros spectacles commerciaux galvaudant des pratiques rituelles, voire religieuses, au nom du « show » et de la rentabilité. Rien de tel dans les perles qu'Alain Weber ramène précieusement du bout du monde. L'authentique y côtoie le respect, que chacun se doit de porter aux autres et à soi-même. Floriane Gabert








Commentaires
Je souhaiterais entrer en contact par courriel avec M. Alain WEBER
Philippe GIRERD